VIVRE DE SON TRAVAIL

VIVRE DE SON TRAVAIL

Écrit par François DIGANO
Mis à jour : 26 mars 2019
Création : 30 janvier 2019
Affichages : 96

SUR UN SALAIRE DE 2900 EUROS BRUT, 58% IRA A L'ETAT  !

 

Vous trouvez ce chiffre ahurissant ? Et bien vous avez raison ! Car ça l'est !

Comme mise en bouche, regardez donc cette vidéo de Luigi Alexandro, un des entrepreneurs Gilet Jaune de la première heure.

 

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Note : Il y a une petite erreur dans la démonstration de Luigi Allessandro, et au bout du compte, même s'il s'agit de 58% au lieu de 80%, cela reste absolument énorme !

Si certains arrivent encore à dire que nous serions dans un pays libéral et que nos politiques pratiqueraient tous une politique néo libérale, je leur conseille vivement de prendre un dictionnaire, ou mieux, un rendez vous avec un psy, au lieu d'en affabuler totalement la définition. Car la définition du libéralisme, c'est lorsque la part de l'Etat dans le PIB, c'est à dire la dépense publique, et donc des prélèvements qui y sont associés, est minimale. Or, et comme nous sommes aux alentours des 57% du PIB, avec 58% de prélèvements obligatoires, à moins de vivre dans le déni le plus complet de réalité, il est dès lors impossible de nier que nous sommes tout sauf dans un régime néo libéral, et encore moins ultra libéral. C'est même carrément l'inverse !

Mais pour revenir à notre sujet du seul salaire, regardons pourquoi l'Etat, ne pouvant faire payer les riches comme les multinationales qu'ils dirigent également, en est arrivé à taxer jusqu'à la moelle les seuls qui dans ce pays ne peuvent pas s'enfuir dans un autre pays, ou délocaliser leurs productions.

Déjà, il faut comprendre que la différenciation entre les charges patronales et les charges salariales est une supercherie, un moyen de tromper et d'enfumer les gens en leur faisant croire que le méchant patron paye à votre place des charges sur votre salaire. Car pour vous embaucher et vous payer 1600 euros nets, un employeur devra au préalable générer des BÉNÉFICES  - pas seulement du chiffre d'affaire (CA), il a aussi des impôts et des charges à payer avant - à hauteur de 2900 euros brut employeur ! Et que en fin de compte, cet argent, c'est aussi le vôtre. Car l'employeur devra les acquitter en VOTRE NOM à tous les organismes censés les gérer. C'est donc l'ensemble de ces charges qui pèsent déjà sur votre salaire, et qui représentent aujourd'hui 1300 euros sur les 2900 euros bruts employeur. Avant même de commencer à payer le moindre impôt ou taxe supplémentaire, l'Etat vous a déjà prélevé 44% de votre salaire, et il vous jure la main sur le coeur que cela ira uniquement pour payer vos soins et votre retraite.

Juste pour le réaliser et relativiser ce que cela représente, cela fait 15.600 euros par an que l'on prend sur votre salaire pour faire fonctionner la solidarité nationale et les services publics qui en contrepartie n'ont aucune obligation de résultat ni de performance. Et en considérant une carrière de 47,5 années, cela représente la somme colossale de 741.000 euros ! Imaginez cet argent placé avec un intérêt de seulement 3% l'an, combien vous auriez en fin de carrière à dépenser. Vous seriez tout simplement millionnaires !

N'oubliez pas que votre employeur et vous même allez devoir y ajouter tout un tas de dépenses contraintes, comme votre mutuelle, votre assurance responsabilité civile, votre environnement de travail toujours plus contraint et normalisé. Parce que le comble dans tout ça, c'est que même si votre sécurité sociale vous coute déjà un bras, elle vous rembourse en plus très mal, et les soins sont de pires en pire. Idem pour la retraite, ou la plupart des entreprises vous proposent une retraite complémentaire, car l'Etat vous en versera toujours moins, du seul fait des baby boomers arrivant à la retraite, que le système a été conçu sur une croissance infinie. Vous payez donc pour un service qui au bout du compte va vous couter en moyenne 30% plus cher que n'importe quel équivalent privé, et pour 30% de performances en moins qu'attendues, soit un rendement de 60% inférieur à ce qu'il devrait être. Et ce n'est plus ni soutenable, ni acceptable, de payer toujours plus, pour avoir toujours moins.

Aussi, l'exemple qui a été choisi par ce monsieur est le suivant. Sur un salaire de 2900 euros brut employeur, il a décompté toutes les charges qui vous incombent.

Salaire de départ : 2900 euros (Brut employeur).

Charges patronales : 800 euros. (Brut employé de 2100 euros)

Charges salariales : 500 euros. (Net salarié de 1600 euros).

En considérant, un loyer moyen de 500 euros, des factures d'électricité/gaz/fioul, d'eau, un crédit sur la voiture, l'assurance habitation et celle de la voiture, un crédit pour la voiture, la taxe d'habitation, l'abonnement du téléphone et d'internet, une mutuelle, des frais bancaires, de l'essence, la nourriture, des produits ménagers, et s'il reste quelque chose après toutes ces dépenses, une sortie. Une fois ce décompte effectué, on estime qu'il lui restera environ 90 euros à la fin du mois pour parer aux éventualités et coups durs, impôts et taxes payés.

Sur ces dépenses, d'environ 1510 euros par mois, entre les taxes sur l'essence, la TVA sur les produits consommés, et les taxes sur l'EDF ou la Téléphonie, on obtiens un montant d'environ 235 euros de taxes et environ 150 euros d'impôts direct et indirects. soit 385 euros de taxes supplémentaires. Soit, pour le salarié, 1685 euros de prélèvements et taxes qui sont retirés de son salaire.

Ce que vous payez à l'Etat de nos jours représente donc au bas mot, 58% de votre salaire brut employeur. Et on persiste à nous faire le chantage de nos services publics alors que les dépenses de l'Etat ont progressé de 39 à 57% de dépense publique, et que les effectifs sont passés de 2,4 millions en 1975 à 5,4 millions de nos jours, et pour des services publics toujours plus couteux et dégradés.

Vous remarquerez que comme par hasard, il y a un lien direct entre vos prélèvements et la dépense publique. Et il en allait de même en 1975, ou nous n'étions absolument pas sous administrés, les services publics étaient de nettement meilleure qualité et surtout bien moins chers, et que ces charges ne pesaient que pour 34% sur nos salaires.

Vu qu'il y a un lien direct entre les prélèvements obligatoires et la dépense publique. Soit que nous avons 58% de charges pour 57% de dépense publique, et que nous en avions 34% pour 39% de dépenses publiques en 1975. Et que par ailleurs, en moyenne, le jour de libération fiscale en France, c'est à dire le jour ou vous commencez seulement à payer votre loyer, vous habiller, vous nourrir ou payer vos factures, est maintenant au 27 juillet. Soit que vous travaillez sept mois pleins pour l'Etat, alors que c'était quatre mois en 1975.

Comment expliquer ce paradoxe ? Soit que plus les prélèvements obligatoires et la dépense publique augmentent, plus le pouvoir d'achat s'affaisse, et plus il y a de chômage, de pauvreté, de maladies et donc par conséquences d'insécurité ?

Comment expliquer que plus on prétend résorber les inégalités et assurer la redistribution, plus les plus riches arrivent à y échapper, au point que ce sont ceux qui payent déjà le plus qui finissent par payer pour un service qui en outre ne cesse de se dégrader, et ce, malgré une augmentation permanente de moyens et d'effectifs ? Où va l'argent ?

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