LOI DE 1973

LA LOI DE 1973 - MYTHE OU REALITE ?

Écrit par François DIGANO
dans REGALIEN
Mis à jour : 24 mai 2019
Création : 30 janvier 2019
Affichages : 469

Pour répondre à tout ceux qui affirment que c'est à cause de la loi Rothschild du 3 janvier 1973 que la France est surendettée, et que les banquiers en sont seuls responsables, il est nécessaire de leur faire comprendre que l'on ne s'improvise pas cambiste devant un écran, ni économiste au café du coin ou sur Youtube. Que cela nécessite des études longues et couteuses, ainsi que des connaissances de base, qui, pour nombre des conspirationnistes en herbe, font systématiquement défaut. Et je vais vous le démontrer très simplement.

Déjà, tous ceux qui parlent de la loi de 1973 sont plutôt clairement très à droite, voir à l'extrême droite. Mais on commence aussi à voir apparaitre des vidéos dans le même genre à l'extrême gauche. Tous ont exactement le même problème. Ils confondent tous la création monétaire (les intérêts seuls du crédit par la valeur ajoutée - le travail du banquier lui même) avec la planche à billet (imprimer de l'argent à partir de rien et surtout sans contrepartie), et facilité de trésorerie bancaire (création ex-nihilo d'une ligne de crédit - fait des banques centrales). Et tout ceux qui vivent de cette fausse croyance, de cette tromperie monstrueuse, se régalent de vous avoir ainsi trompé, en plus d'avoir collé sur votre front à chaque fois que vous relayerez leur fausse nouvelle, "pigeon crédule qui n'est pas en mesure de vérifier par lui même ce qu'on lui dit et donc bon à plumer !".

Tous exploitent votre ignorance, votre incapacité à vérifier et accéder à certaines informations qui sont pourtant disponibles en ligne, mais qui requièrent des connaissances véritables pour savoir quoi et où chercher. C'est donc ce que je vais faire à votre place et pour vous simplifier la tâche.

Nota Bene : Tout ici est sourcé, factuel, et donc vérifiable. Aussi, et si vous doutez encore après ces explications de ce qui vous a été dit, sachez que votre problème est plus grave et plus profond que vous ne l'imaginez. Et dans ce cas, je vous recommande d'en parler à des personnes compétentes, en commençant par votre médecin traitant. Nier des faits, des démonstrations, des preuves, n'est ni sain, ni rationnel. C'est même très inquiétant pour tout vous dire.

 

DE LA MONNAIE.

Tout d'abord et pour commencer, il faut comprendre ce qu'est une monnaie. Une monnaie, c'est un moyen pratique d'effectuer des paiements de façon simple et rapide. Avant, on utilisait des monnaies peu adaptées qui coutaient cher à la fabrication, comme l'or, l'argent, ou même le cuivre ou le bronze. Et plus l'ingénierie financière a évolué, plus il s'est avéré nécessaire, afin de mieux répartir la richesse, de pouvoir la diviser plus facilement en plus petits coupons, de passer d'une monnaie représentant intrinsèquement sa valeur, à une monnaie dite fiduciaire, qui ne coute pas cher à produire, et que l'on peut diviser plus facilement en toute sécurité.

Ainsi, le but principal de la monnaie papier était d'augmenter le volume de monnaie en circulation, et donc de pouvoir également mieux répartir la richesse sur un territoire donné nommé "Nation". La monnaie est donc un contrat de confiance avant tout, qui représente une certaine valeur, un certain pouvoir d'achat, et qui est émise par un État constitué qui en assure l'émission, le contrôle et la sécurité.

Il existe de nos jours deux types de monnaies en circulation. La première est dite fiduciaire. Ce sont les billets et les pièces émis en quantité suffisante pour effectuer les petites transactions. Puis il y a la monnaie scripturale, c'est à dire une ligne dans un livre de comptes - aujourd'hui un ordinateur sécurisé - et qui est une dématérialisation de cette monnaie fiduciaire. Leurs mouvements sont strictement contrôlés, et il n'est pas possible techniquement de créer de l'argent à partir de rien pour une banque, faute de quoi elle serait fermée immédiatement et ses dirigeants jetés en prison.

Aussi, le verrou pour que cela n'arrive jamais s'appelle la "banque centrale" (Banque de France chez nous), qui a elle seule, est une sorte de "chambre de compensation" globale, soit l'organisme qui valide les transferts sur le territoire d'un compte à un autre. Mais également et dans une certaine mesure à l'International, d'un pays à un autre. Autrement dit, l'un des rôles majeurs de la banque centrale, est de gérer la "masse monétaire", soit la quantité d'argent et de valeur sur le territoire national.

Et par ailleurs, ce sont également les banquiers centraux qui autorisent ou non les crédits et les transactions. D'une part grâce à un fichier d'interdiction bancaire. Mais également d'autre part en fonction de règles liées aux fonds propres des banques elles mêmes. Il est dès lors impossible de prendre à A sans le remettre à B, sinon on aurait un incident de paiement et la transaction serait alors annulée. Et une banque ne crée jamais elle même le moindre Euro, mais soumet votre propre demande de crédit à la Banque centrale qui décide seule ou non de le valider sur la foi des informations que le banquier lui transmet, et en fonction de la législation nationale et internationale en vigueur.

Si le banquier a effectivement le pouvoir de créer des lignes de crédit, il ne peut pas le faire pour son propre compte, et doit dûment le justifier pour chacune des demandes à la banque centrale qui en dernier ressort l'autorise ou le refuse. Et c'est même la banque centrale qui créera en réalité l'argent que le banquier va vous prêter sans en disposer lui même. Argent qu'il aura alors l'obligation de rembourser à terme, nous le verrons plus tard dans ce document.

Maintenant que les choses sont, on l'espère, un peu plus claires, et pour ne pas trop vous faire languir, abordons maintenant le sujet central, soit la démystification de la loi Rothschild.

 

NON, LA LOI ROTHSCHILD N'A JAMAIS INTERDITE A L’ÉTAT DE SE PRÊTER DE L'ARGENT A LUI MÊME.

Tout un chacun pourra comprendre l'évidence suivante, que, à aucun moment dans la loi en question, et que vous pouvez consulter ici dans son intégralité, vous ne trouverez une seule ligne, un seul article ou paragraphe qui interdirait à l'Etat de se prêter de l'argent à lui même. Et il en va de même pour la BCE et l'article du TFUE relatif. En fait, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que l'Etat, même s'il a le pouvoir de créer de l'argent à partir de rien, n'y a aucun intérêt. Et par ailleurs, tout comme vous, il ne peut pas davantage se prêter ce qu'il n'a pas en caisse, ce dont il ne dispose pas lui même.

Notez que pour le TFUE, si le pouvoir de création monétaire à des fins de régulation de la valeur de la monnaie lui ont été retirés, c'est uniquement parce que l'Euro lui même n'est plus une monnaie nationale, mais transnationale. Il était donc logique de déposséder les États de ce pouvoir et de le confier à la BCE pour éviter que les États s'amusent individuellement à imprimer de l'argent pour leurs besoins sans tenir compte des besoins de tous les autres. L'Euro est une monnaie "commune", il était donc logique que les pouvoirs soient remisés à leurs administrateurs qui au passage sont aussi nommés par tous les banquiers centraux nationaux, et donc nos États.

En fait, c'est souvent là que ça bloque pour beaucoup de gens, qui au lieu de se poser la bonne question - à savoir si par hasard cela avait jamais été le cas avant, notamment avec des déficits et des caisses vides - s'imaginent dans la plus grande tromperie qui soit, qu'avant l'Etat avait le droit d'imprimer l'argent qu'il n'avait pas pour financer ses déficits ou ses dettes à partir de rien et sans aucune contrepartie de valeur véritable. Car en réalité, c'est précisément parce que depuis 1971, après avoir subit une très grave crise pétrolière et financière, connaissant en outre des déficits et donc des recettes fiscales insuffisantes par rapport à ses dépenses et des caisses vides, que l'Etat français ne disposant alors plus de fonds propres pour effectuer ces transactions sans intérêts, a commencé à s'endetter, et donc emprunter ailleurs ce qu'il n'avait pas/plus.

Pour mieux comprendre où votre raisonnement est erroné, ce serait comme sans avoir vous même une certaine somme d'argent, vous vouliez malgré tout la prêter à votre frère ou votre sœur. Le pouvez vous ? C'est tout simplement impossible et vous ne le pourrez tout simplement pas. Et ce, pas plus que l'Etat ne le peux, et en fait n'en a jamais eu le droit. Ceux qui proclament/affirment que c'était le cas avant cette loi ne sont que des menteurs patentés. Et ils seront du reste tous parfaitement incapables de vous le démontrer. Et pour cause, ce ne sont ni la constitution, ni la loi Française qui l'interdisent, mais bien le bon sens et l'ensemble du système monétaire International tout entier. Et ce, depuis la grande crise de 1929 qui a faite suite la crise monétaire de la République de Weimar, puis les accords de Bâle et de Bretton Woods. Accord Internationaux qui n'apparaissent dans aucune loi ou constitution nationale mais dans des traités spécifiques qu'ils ont ratifié, et visant justement à ce que les États, et surtout leurs politiciens, ne puissent plus financer leurs gabegies de dépenses irresponsables par de la planche à billet, par de l'argent créé sans limites et à partir de rien.

Aussi, et ce qui revient souvent comme argument, c'est que tout est la faute de l'article 25 (ou je ne sais quel autre article du TFUE Européen). Or, et si vous avez un tant soit peu des notions de comptabilité, pour "escompter" une dette, encore faudrait t-il avoir soi même prêté de l'argent à quelqu'un au préalable. Comment alors escompter une dette que l'on détiendrait, alors que l'on emprunte déjà soi même pour financer ses déficits ? Vous voyez bien que cet argument, en plus d'être totalement trompeur, est plus que fallacieux. Il ne vise qu'à légitimer le fait que l'Etat est depuis 40 ans totalement incapable de faire le minimum qui lui est demandé, à savoir correctement gérer l'argent de nos impôts et nos dépenses publiques, et surtout sans générer et en toute impunité comme ils le font des montagnes de déficits et de dettes. Vous pouvez également lire cet article de Contrepoing qui décrit pas à pas l'intox populiste de cette loi. Et pour ceux qui diront, toujours par déni de réalité, parce qu'ils ont soutenu un incroyable mensonge, que la gauche ou le centre sont corrompus, et bien en fait les experts disent exactement la même chose à droite, et même à l'extrême droite !

Ainsi, beaucoup s'imaginent que parce que l'Etat est tout puissant, il aurait le pouvoir de fabriquer et d'imprimer lui même de l'argent qui n'existe pas (c'est à dire ce que font les faussaires, sévèrement punis par la loi), pour financer son propre train de vie et nous couvrir ainsi de prétendues richesses créées à partir de rien. Réfléchissez donc un peu. Vous qui avez déjà une confiance très limitée en vos hommes politiques, vous voudriez en plus leur confier la possibilité d'imprimer autant d'argent qu'ils en auraient besoin, et pour financer leur politique, sans aucune tentation de tout s'accaparer pour eux et leurs amis, et sans aucune corruption ?

Il faut bien comprendre qu'à chaque fois que cela s'est produit dans l'histoire, cela a toujours fini en catastrophe. Et je vous engage à étudier un tant soit peu la grande crise monétaire de la République de Weimar, ou plus récemment celle du Zimbabwe, de l'argentine, ou même de l'Islande, sinon du Vénézuéla, bien qu'elle soit pour le coup celle ci totalement artificielle, le fruit de sanctions internationales illégales et illégitimes. Vous comprendrez alors qu'imprimer des billets ne créent en aucun cas de la valeur, mais que au contraire, en divise d'autant leur valeur. Et donc que cela finit par dévaluer la valeur de la monnaie, lui faire perdre cette valeur. Je vous engage également à regarder cette vidéo très instructive de Charles Gaves, économiste et financier (certes libéral, mais l'économie, c'est de l'économie avant tout) et qui vous explique avec des mots très simples pourquoi la Planche à Billet est tout sauf une bonne idée. Pourquoi c'est même un crime punit par tout le système monétaire international.

 

OUI, MAIS ON POURRAIT IMPRIMER QUAND MÊME L'ARGENT DONT ON A BESOIN, OU FAIRE DÉFAUT SUR LA DETTE ?!

Vous devez bien comprendre que tous les apprentis faussaires qui voudraient que l'Etat puisse imprimer tout l'argent dont il a besoin, et donc faire perdre de la valeur à cette monnaie en la divisant d'autant. Ou pire encore, qui s'imaginent qu'il est grand temps de faire défaut, c'est à dire de cesser de rembourser la dette ou de l'annuler, sont soit complètement fous, soit complètement inconscients de ce qu'ils demandent.

Car ce qu'il faut savoir, c'est que la très grande majorité de la dette des États, la manière dont ils lèvent leurs fonds pour financer leurs déficits, ce sont nos fonds de pension et de retraite qui les achètent, et que vous en possédez également vous même sans le savoir via vos PEL/CEL vos Livrets (A, développement durable, etc) en tout genre. Et qu'imaginer ne pas rembourser cette dette, signifie tout simplement voler/ruiner les épargnants, sinon vous voler/ruiner vous même. C'est tout sauf réfléchi ou intelligent, n'est-ce pas ?

Et de la même manière, si on dévaluait trop cette monnaie par une impression monétaire immodérée, c'est à dire en dehors des cadres fixés à l'échelle internationale pour une bonne gestion des banques centrales, soit de maintenir et stabiliser la monnaie vis à vis des autres devises étrangères, signifierait aussi spolier tout ceux qui nous prêtent cet argent, en leur retirant du pouvoir d'achat. Vous croyez qu'ils vont renouveler leurs prêts après ça quand on a déjà 100% de dettes par rapport au PIB et que pour financer encore plus de déficits et de dettes on se mettait à imprimer autant que de besoin ?

Aussi, et fort de la crise monétaires de Weimar qui a très largement entrainé la crise Mondiale de 1929, tous les banquiers centraux ont alors mis en place des mécanismes monétaires, d'une part pour retirer aux hommes politiques le pouvoir de battre monnaie pour leur effet personnels ou pour financer leur politique et leurs amis. Et d'autre part des mécanismes de stabilisation financiers, avec les Accords de Bretton Woods ou les accords bancaires de Bâle.

Au sortir de la deuxième guerre mondiale justement causée par cette crise monétaire de 1929, l'étalon Or permettait d'avoir des échanges relativement stables de monnaie. Puis, du fait du prix de l'or en constante augmentation, les USA ont cessé de proposer la convertibilité du dollar en or. Et la raison invoquée était toujours la possibilité de permettre une meilleure répartition de la richesse, matérialisée par trois composantes essentielles dans toutes les strates de l'économie, soit :

  • Le patrimoine (matériel ou immatériel).
  • La valeur ajoutée.
  • Les intérêts du crédit.

 

Il faut bien comprendre que si l'Etat ne gère pas correctement l'argent qu'il lève de ses impôts et qu'il est en plus en déficit constant, il n'est donc pas en mesure de mettre de côté d'argent et de se le prêter à lui même. C'est avant tout parce que nos hommes politiques et nos administrations ne font pas correctement leur travail et sont incapables de résorber leurs déficits, que nous accumulons des intérêts de la dette et des dettes supplémentaires qui en outre servent par ailleurs à rémunérer nos fonds de pension et de retraites, les placements des français ou leurs assurances vies.

Le mythe du riche qui se gaverait avec la dette de l'Etat est une pure chimère mensongère. Et ceux qui affirmeraient en plus que l'on ne saurait pas qui possède précisément notre dette, nous indiqueraient aussi que la situation de nos services de renseignement serait tellement critique, que Daesh pourrait posséder de la dette Française sans que notre ministère des finances ne soit au courant. Franchement, je veux bien qu'ils soient nuls pour tout un tas de choses, mais vous croyez vraiment que pour ça aussi, alors qu'il en va aussi de leur propre sécurité ? Allons, allons, on se ressaisit là !

Pire encore, nous serions maintenant à un tel niveau d'endettement que les lobbys financiers et les multinationales peuvent corrompre des États entiers incapables de gérer convenablement l'argent de nos impôts, seraient maintenant incapables de prendre des mesures fiscales contre ceux qui financent leurs déficits et de leurs dettes, quand ils ne payent pas carrément leurs campagnes électorales ! Oh bah mince alors dites donc ! Ce cher Laurent Mauduit, Journaliste économiste du Monde, nous apprend que les mêmes qui ont généré ces montagnes de déficits et de dettes, qui ont augmenté impôts et taxes comme jamais, sont aussi et maintenant ceux qui dirigent nos multinationales et nos banques, et qu'ils n'oublient jamais d'exonérer des impôts et des charges qui les incombent. Et bien vive la médiocrité et la corruption les gars !

Bon, un autre effet indésirable de la planche à billet irresponsable, c'est surtout que nous n'avons pas qu'une monnaie de réserve, mais que nous avons aussi une balance commerciale hautement déficitaire. Autrement dit, et si nous décidions malgré tout d'imprimer ce qui nous manque chaque année pour combler nos déficits, nous verrions alors la valeur de notre monnaie diminuer fortement, sinon s'effondrer à l'International. Et nous ne pourrions alors plus rien importer, notamment les matières premières que nous ne produisons pas nous même, et qui sont essentielles pour faire tourner les rares industries qui restent encore dans ce pays. Et oui, pour pouvoir importer ne serait-ce que du pétrole en quantité suffisante, il faut des devise, notamment des dollars. Et si votre monnaie ne vaut plus un clou parce que vous en imprimez dans votre cave pour payer vos dettes ou financer vos déficits, bah vous finissez par ne plus rien pouvoir importer du tout. Et généralement, quand vous en êtes là, c'est du chômage massif et des billets qui ne valent absolument plus rien.

En conclusion, ce ne sont pas que les banquiers centraux ou les banques qu'il faut blâmer, mais et surtout les politiques et les hauts fonctionnaires qui depuis 40 ans dans ce pays sont incapables de gérer convenablement l'argent qu'ils nous prennent par la force de l'impôt, nos dépenses publiques, nos services publics. Et on peut se douter que s'ils exonèrent maintenant les entreprises du CAC 40 et les banques qu'ils dirigent, c'est aussi et surement parce qu'ils sont également incapables de les gérer avec les mêmes contraintes que pourtant ils nous imposent à tous sans qu'elles ne finissent par faire faillite. Ce pourquoi en outre ils ont privatisé nos services publics, et sont dans leurs conseils d'administrations, sinon à leurs tête, pour mieux les exonérer des charges et contraintes qu'ils nous imposent à tous.

Fort de ce constat, il faut aussi répondre à tous ceux qui prétendent que les banques créent la monnaie. Parce que là aussi, c'est encore une monstrueuse Fake News !

 

NON, LES BANQUES NE CRÉENT PAS DE MONNAIE, SINON PAR LES INTÉRÊTS DU CRÉDIT.

Premièrement, et pour tout ceux qui pensent que les banques ont un privilège indécent de création monétaire, sachez que c'est tout simplement faux. Une fois que les accords de Bretton Woods ont été rendus caduques par la sortie des USA de la convertibilité du dollar en Or, la masse monétaire étant par définition limitée puisque liée à une certaine quantité de richesse réelle, il a alors fallu trouver un moyen de répartir encore plus les richesses dans toute l'économie. Et le moyen qui a été mis en place dès lors aura été de permettre aux banques de ne pas décaisser le montant des crédits qu'elles vous octroient de leur comptabilité, de leurs fonds propres. Un phénomène qui porte le nom de "réserve fractionnaire".

Aussi, tout ceci est parfaitement logique et codifié, et même très strictement encadré. Car si vous réfléchissiez un tant soit peu, si les banques avaient réellement le pouvoir ce créer tout l'argent dont elles ont besoin, que ce soit pour elles mêmes ou entre elles, alors pourquoi feraient t-elles faillite ? Oh bah mince dites donc ! On nous aurait menti ?

Alors accrochez vous un tout petit peu. Car pour comprendre toute la subtilité de ce système, il faut forcer son attention. Ce pourquoi beaucoup passent à côté, n'en comprennent visiblement pas toute la subtilité ni les bénéfices qu'eux mêmes en tirent au quotidien. Et le plus sûr moyen de le comprendre, c'est de passer par un exemple.

Tout d'abord, une banque ne peut pas créer "ex-nihilo" de l'argent pour elle même. C'est strictement interdit. La seule chose qu'elle a le droit de faire, c'est de vous ouvrir ce que l'on appelle une "ligne de crédit", et uniquement pour un contrat donné, qui a été dument étudié et vérifié par le banquier, et validé par votre banquier central. Prêt automobile, prêt immobilier, prêt d'investissement pour une entreprise. Toutes ces transactions, ces prêts, sont strictement codifiés, et le banquier n'a absolument aucune marge de manœuvre pour vous les octroyer, car ils sont fixés strictement par la loi bancaire et certaines lois internationales.

Imaginons que vous vouliez acheter une maison. Et pour simplifier l'exemple, on va considérer que vous n'avez aucun apport personnel, et que la maison vaut 100.000 euros. Vous allez donc voir votre banquier, qui va alors vérifier deux choses. La première, que vous êtes solvable, soit que vous êtes en mesure de rembourser votre crédit, c'est à dire que vous n'avez pas dépassé le seuil des 33% d'endettement. Et la seconde, que lui même n'a pas dépassé le montant maximal des crédit qu'il est autorisé à distribuer en relation directe avec ses performances de banquier et le montant de ses fonds propres.

Car ce que la plupart des gens ignorent, et tous les théoriciens de "l'argent dette" ou de la "création monétaire" oublient de vous dire, c'est que pour pouvoir effectuer ces transactions, les banques doivent se conformer à des règles très strictes de détention de fonds propres et dans un certain pourcentage lui même dépendant de leur notation (les fameux AAA). Car la banque est de part les accords interbancaires internationaux et nationaux, contrainte de respecter elle même une règlementation extrêmement stricte. A savoir les accords de Bâle III, qui déterminent en fonction d'une note donnée à votre banque, le montant des lignes de crédit totales que la banque pourra offrir à l'ensemble de ses clients. C'est cette quantité de fonds propres et cette notation qui leur permettent d'ouvrir une quantité limitée et encadrée de lignes de crédit, avec un montant global de prêts disponible. Et ce montant dépend uniquement de la performance de ses propres prêts, de ses niveaux de remboursement, et enfin de ses fonds propres. Ainsi, moins le banquier à d'incidents de remboursements ou sa capacité à se faire payer est élevée, plus sa note sera également élevée, et donc plus le montant des crédits qu'il pourra octroyer seront aussi importants. Ici, ce que l'on observe, c'est le niveau de risque qui est en jeu. Et on ne fait pas absolument n'importe quoi dans le système bancaire contrairement à ce que certains pensent.

Alors on pourrait se dire que c'est incroyable, que c'est un privilège absolument inacceptable que l'on puisse ainsi créer de l'argent à partir de rien. Mais il n'en est rien. Car avec cette méthode, en réalité, le but est d'augmenter le montant total de l'argent disponible pour les crédits, et donc d'augmenter d'autant le nombre de personnes qui pourront en bénéficier, notamment les plus pauvres. Et ce, sans pour autant signer un blanc seing à ces banques.

Par exemple, imaginons que cette banque, ce banquier, dispose de 1.000.000 d'euros de fonds propres, et qu'il lui soit imposé de posséder au bas mot 10% de tous les encours de crédit qu'il va proposer, il disposera alors d'une ligne de crédit totale qui ne pourra pas dépasser le montant total de 10.000.0000 d'euros. S'il n'avait pas cette possibilité, seulement 10 personnes pourraient alors bénéficier d'un crédit de 100.000 euros. Alors qu'avec cette méthode, ce ne sont plus 10 personnes, mais 100 personnes qui vont pouvoir acheter une maison de 100.000 euros chacune. On permet donc à la monnaie de circuler plus rapidement dans l'économie, et surtout à plus de monde de pouvoir accéder aux crédit, et surtout à la propriété.

Aussi, et si tous ceux qui ont emprunté 100.000 euros remboursent leur prêt intégralement, mettons avec 10% d'intérêts, alors la banque récupèrera au total 110.000 euros. Elle devra alors annuler de ses comptes (en réalité les rembourser à la banque centrale qui leur a ouvert la ligne de crédit) les 100.000 euros de départ que la banque centrale elle même leur a confié. Resteront alors les 10.000 euros d'intérêts dans ses comptes. Et c'est uniquement cette somme qui constitue de la "création monétaire", puisque c'est par définition le fruit de la "valeur ajoutée" par votre travail, mais aussi par celui du banquier qui aura pris le risque de vous prêter cet argent en le cautionnant intégralement avec son propre argent.

Mais il y a un revers à cette "facilité de trésorerie". Soit qu'en cas de défaut de paiement, c'est à dire lorsque les emprunteurs ne sont plus en mesure de rembourser et deviennent insolvables, et même si le banquier peut toujours saisir le bien pour le revendre, il récupère rarement l'intégralité des sommes prêtées. Certes, ce n'est pas souvent le cas dans l'immobilier, bien qu'une crise immobilière puisse surgir à n'importe quel moment, comme avec les Subprimes. Mais pour les crédits d'achat de véhicules, leur valeur va rarement à la hausse, le bien se déprécie naturellement, et les pertes peuvent être bien plus conséquentes en fonction de l'état d'usure et de maintenance du véhicule. Et dans ce cas, la différence entre ce qu'il a prêté, et ce qu'il a récupéré, le banquier va devoir le payer avec ses fonds propres, avec son propre argent. Il fait donc dans ce cas une "perte sèche", il perd de l'argent lorsque son métier est d'en gagner.

Ainsi, et si par exemple la maison a été revendue à 80.000 euros, et qu'il manque 20.000 euros pour boucler la ligne de crédit initiale, le banquier va donc être obligé de piocher dans ses fonds propres pour rééquilibrer ses lignes de crédit banque centrale, et donc rembourser quand même la différence entre la somme que vous avez emprunté et ce qu'il a réussi à récupérer malgré tout, à la banque centrale. Il perd littéralement 20.000 euros, car il doit impérativement clôturer sa ligne de crédit à l'équilibre, c'est à dire les 100.000 euros créés ex-nihilo par la banque centrale pour vous octroyer ce crédit. Et si plus de 10% de ses clients ne sont plus en mesure de rembourser 100% des crédits octroyés, soit le million d'euros de ses fonds propres, il perd tout, sa note passe de AAA à CCC, et généralement il fait alors faillite.

Voilà comment fonctionne ce système de "facilité de trésorerie", et non de "création monétaire", et si vous souhaitez en savoir plus sur leurs modalités, vous pouvez toujours consulter les accords de Bâle 3 et de nos banques centrales, de la BCE, en cliquant ici.

Sachez que si nous sommes en crise en ce moment, c'est précisément parce qu'il y a de plus en plus de gens incapables de rembourser leurs crédits, et que à force de perdre de l'argent, les fonds propres des banques baissent à vue d’œil. Alors même si la BCE, dans sa grande complaisance, rachète des actifs pourris, et autorise ainsi certains mauvais payeurs à avoir des délais de paiements entre leurs échéances, il n'en reste pas moins que la situation du nombre de créances dites "douteuses", ne cesse d'augmenter de manière plus qu'inquiétante. Et que très bientôt, tout le château de carte va finir par s'effondrer. La valeur de la monnaie sera alors le cadet de vos soucis, puisqu'elle ne vaudra plus rien. Et votre épargne avec !

EN CONCLUSION

Non seulement la loi de 1973, pas plus qu'aucune loi bancaire, n'interdit au moindre état de se prêter quoi que ce soit à lui même. C'est simplement du bon sens bancaire et financier qui consiste à préserver son patrimoine et la valeur de sa masse monétaire, de sa monnaie, pour pouvoir continuer d'acheter à l'étranger avec une devise forte ce que l'on ne possède pas ou que l'on ne produit pas chez soi. Mais il reste un effet pervers installé dans les esprits par les complotistes de la loi de 1973, et qui n'est que le fruit d'une vaste manipulation visant à faire croire que l'argent n'est que virtuel, et que de ce fait, on pourrait en imprimer autant que de besoin.

Là où se trouve la manipulation mentale, c'est qu'en le faisant croire et/ou en laissant les gens y croire, on leur donnerait l'espoir de ne pas rembourser cette dette, tout en déculpabilisant les gens sur le fait qu'en accumuler sans limites n'est pas grave, n'est pas le reporter sur ses propres enfants ni sur les générations futures. Autrement dit, de bénéficier aujourd'hui d'un confort immédiat en laissant les désagréments à ses propres enfants. Ceux qui soutiennent ces thèses criminelles sont généralement en fait ceux qui en bénéficient, et qui eux mêmes vivent probablement dans un profond déni de réalité.

Le mensonge est tellement répandu, tellement énorme, avec des conséquences tellement graves, que la plupart des gens qui y croient refuseront la réalité, la vérité, parce qu'elle serait de facto insupportable. Oui, ils ont participé au massacre de la dette et ont vécu à crédit sur le dos de leurs propres enfants. Et rien que de l'imaginer, imaginer que vous avez été trompé et manipulé en faveur des criminels qui en ont profité tout vous incitant à continuer et en prétendant que c'est pour votre bien, vous sera tout bonnement insupportable. Alors ils vont tout faire pour le nier, pour inventer des excuses ou des boucs émissaires. Le banquier étant la cible idéale, surtout lorsque l'on sait que ce sont les mêmes qui créent ces dettes, qui dirigent nos administrations et nos institutions, et qui sont aussi à la tête des banques qui organisent le financement de la gabegie.

Aussi, le plus grand cynisme dans tout cela, c'est que cette dette, c'est non seulement vous qui la possédez et qui rémunère vos placements d’État. Et que ne pas la rembourser signifierait renoncer à une bonne partie de votre épargne ou de votre retraite. Bien entendu, personne ne vous le dit ni ne vous le dira, car d'une part l'Etat a besoin de cet argent pour continuer de financer ses déficits et ses dettes, pour assurer son train de vie parfois somptuaire. Et d'autre part, le banquier/financier ne peut pas se permettre, du fait de niveaux très élevés des dettes, de créer une panique bancaire qui mettrait à mal ses propres institutions, qui finirait de le ruiner.

ALORS QUELLES SOLUTIONS PERMETTRONT DE SORTIR DE CETTE IMPASSE ?

Même si ce ne sont que des pistes, elles ne sont que de bon sens.

  • Interdire aux politiques, aux administrations et aux institutions de faire des déficits et d'accumuler des dettes au delà de ce qui est acceptable pour le reste de la population. Il ne doit pas y avoir un droit pour les uns, et un droit pour les autres, soit la porte ouverte à toutes les corruptions, à toutes les médiocrités, à tous les abus. Autrement dit, si un haut fonctionnaire échoue à bien gérer son administration, il ne devrait pas être payé, tout comme ce serait le cas pour le moindre patron dans ce pays. Et s'il contracte des dettes au delà du seuil des 33% d'endettement, seuil qui détermine la capacité de remboursement de manière universelle et internationalement reconnue, il devrait être poursuivi avec l'ensemble de ses cadres dirigeants sur leurs biens propres, qui seraient liquidés, et finir en prison, comme tous les autres. On ne peut pas être au service de l'Etat, bénéficier d'un financement contraint comme l'impôt, et ne pas avoir une double responsabilité et obligation de résultat. Et dans les deux cas, non seulement le code de l'administration, mais aussi la loi, ont été progressivement modifiés pour leur assurer une totale impunité lorsqu'ils le font. Eux peuvent accumuler indéfiniment des déficits et des dettes, n'auront jamais la moindre sanction ou punition, voire pire auront même une promotion automatique, alors que ceux qui les financent intégralement, c'est à dire les citoyens et les entreprises, vont en prison et leurs biens liquidés lorsqu'ils en font autant.
  • Faire un glass Steagall Act à la Française, en séparant les banques de dépôt des banques d'affaire spéculatives, et en éclatant les empires financiers, les grandes entreprises afin qu'elles retrouvent une taille normale, n'aient plus les moyens de nuisance aussi bien au niveau de l'Etat que de l'économie comme c'est le cas aujourd'hui. Le "too big to fail" est une tromperie énorme. A chaque fois qu'il y a un déséquilibre, que ce soit au niveau de l'Etat ou des entreprises. Lorsque l'un prélève beaucoup trop pendant que l'autre augmente sa taille et délocalise pour échapper justement à cet impôt confiscatoire, on arrive alors à la situation actuelle de la France, et plus généralement du monde occidental. L’État mettra en esclavage la population qui ne peut pas fuir, par des prélèvements obligatoires si importants qu'il ne permettent plus aux gens de vivre de leur travail, en l'acculant de taxes et d'impôts pour continuer à mener son train de vie, pendant que les plus riches iront se réfugier dans les paradis fiscaux et/ou délocaliseront leur production. Et en France, c'est même pire que tout. Car en privatisant un très grand nombre d'entreprises et de services publics, ces dernières sont maintenant à la tête du CAC 40, et dirigées par les mêmes qui hier accumulaient les déficits et les dettes à la tête de nos administrations, et sans jamais oublier d'exonérer ces entreprises des impôts et des taxes qui incombent à tous les autres. Et s'ils le font, c'est précisément parce qu'ils savent qu'ils sont médiocres, et que si ces entreprises ou administrations devaient fonctionner avec les mêmes règles que tous les autres, elles feraient défaut/faillite le jour suivant.
  • Mettre en place des mécanisme de contrôle des finances publiques par les citoyens, et instaurer des plafonds à la taille des entreprises et/ou des fortunes accumulées. Le rôle de l'Etat régalien, est de "réguler". Or, et force est de le constater, non seulement il est incapable de se gérer lui même. Alors comment pourrait t-il le faire avec qui que ce soit, notamment les plus riches qui ont maintenant parfois plus de moyens que certains États de la planète ?! Nous avons déjà abordé ce sujet de la séparation des pouvoirs dans un autre document, et nous vous enjoignons à le lire, afin de mieux comprendre les mécanismes de la corruption, et les contre-pouvoirs qui doivent être mis en place afin de la limiter, lutter bien plus efficacement contre elle, ici.

 

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